...avec Maria. Chère, très chère Maria, tu pourriras en enfer !
Oui oui lecteur, elle a encore mis sa radio.
Oui oui lecteur, elle a encore claqué toutes les portes de sa demeure kitch et sombre, au papier peint de grand mère noirci imprimé de gros bouquets de fleurs marron : LE décor de tous nos rêves,
en somme.
Oui oui lecteur, elle a encore hurlé dans son appartement, convaincue de nous entendre faire du bruit, certaine de nous ouïr dans sa tête (un fantastique intérieur, dirons-nous chez
Théophile GAUTIER, fantastique lié à l'imaginaire du personnage, blahblah...). Une chose est sûre, je ne voudrais pas y vivre, dans sa tête, car ça doit être un sacré bordel le chaos le plus
total, la maison des fous d'Astérix, l'effondrement de l'édifice cervical, l'hécatombe des neurones...
Oui oui lecteur, Monsieur Blond, chevaleresque et romantique est allé frapper et sonner avec ferveur au vantail du monstre putride et hurlant. Pour sauver le sommeil de sa belle cernée, il est
resté planté en petit short et le torse nu (glagla) à tambouriner et à sonner... Pendant une éternité.
Et non lecteur, cette fois la saloperie n'a pas cessé !
Retour aux bonnes vieilles habitudes... A ce que nous avions décidé de ne plus faire... Appeler les poulets.
Comprenez qu'après toutes nos aventures nous préférons nous fier à nos propres super-powers, c'est-à-dire la patience, la persévérence et le carillon. Les 5 ou 6 fois précédentes, ça avait marché
du tonnerre : on sonnait, dring-dring-dring-dring et l'ancêtre fêlé finissait après 10 ou 15 minutes par couper sa radio de merde, non sans hurler des insanités comme une truie qu'on égorge.
Mais cette nuit, elle n'a pas cédé, la garce.
Je décide de venir à l'aide de mon aimé, je prends son portébeul, contacts, commissariat (oui le numéro est enregistré dans le téléphone, il l'a plus souvent composé que celui de sa grand-mère).
J'explique mon cas, vieille pourriture ridée, problèmes récurrents, impossibilité à dormir... Bla et bla. Je raccroche, je monte retrouver Monsieur Blond aux prises avec le carillon ; je me
plante devant la porte, il me pousse sur le côté et au même moment la sorcière en putréfaction entrouvre son vantail blindé et assène de grands coups de quelque chose qui ressemble à un grand
bâton avec une grosse pointe au bout ! Mon éphèbe se recule, je reste de côté, elle hurle en brandissant et en fendant l'air avec son arme pour trouer mon compagnon ! Dragon fumant ! Avec
grand'peine il réussit enfin à lui arracher sa pointe, il est par terre, il tire de toutes ses forces... Les jambes à nos cous (chacun au sien) on regagne nos pénattes, le coeur battant...
C'était quoi ce bâton ? Un javelot africain avec de jolis dessins sculptés et une énorme pointe en métal ! Vieille
sorcière serait-elle adepte de la magie vaudou ? En tout cas une chose est sûre, elle est définitivement dangereuse !
Explication inutile avec les poulagas inutiles aussi, pour ne pas déroger à leurs habitudes. Ils nous expliquent qu'ils sont venus parce qu'une dame de 82 ans a appelé le 17 pour une agression
par deux jeunes (nous, en l'occurence). Et là, nous sommes outrés : on nous oblige à rendre son javelot au pruneau déglingué ! La justice française... Une grosse arnaque je vous dis. On vous
attaque avec une arme et on vous force à la rendre au propriétaire !?
Aujourd'hui mon adoré est allée porté plainte au bloc. REFUS : elle ne l'a pas blessé.
Là, je crois franchement que je vais pleurer. La prochaine fois, promis, on se laisse trouer la peau, comme ça on nous rendra peut être justice...
VoS P'TiTs MoTs..!