heures, l’aube aux doigts roses… Un ronronnement que dis-je, un rugissement se fait entendre au-dessus du logis des jouvenceaux. Il est vain de cerner
quelconque information émanant de ces bruits qui ressemblent à des voix, tantôt féminines tantôt masculines ! Que révèlent-elles ? La jeune fille ouvre un œil, puis l’autre, articule un
mot que la bienséance m’empêche de vous transmettre. Sachez seulement que ce mot de quatre lettres est le synonyme de ribaude. Je n’en dirai pas un souffle de plus. Le jeune homme à moitié
endormi râle : « On fait quoi ? ». Fut un temps, ils auraient sauté conjointement sur le combiné pour appeler le poste des argousins ; aujourd’hui leur expérience les
faisaient douter de la toute puissance des forces de l’ordre. Ils ne croyaient plus en rien. Amen. « Bah on les appelle, on verra bien s’ils viennent, ou pas. ».
Re-re-re-re-re-rebelote, téléphone biiip biiip oui on vous envoie quelqu’un, bien sûr, moui moui, je comprends, on fait ça, bonne soirée, blabla piapia. Les jeunots s’allongent, yeux grands
ouverts. Le bruit s’est intensifié et ressemble à un énorme tambour de machine à laver en marche ; difficile de vous décrire les sonorités mais sachez que cela est très désagréable, c’est
encore pire que d’entendre distinctement les informations du matin ! Après une étude approfondie des modulations, le couple conclue à un accouplement entre la radio folle et la télévision
grésillante : la voix du Diable, satanus inspirem. Incantation majeure et funeste de l’antiquité débridée qui a osé faire appel à Satan en personne pour faire craquer nos
frais amoureux ! Bonté divine, quelle méchante vieillerie ! Comment lutter contre les forces du mal en personne, ils n’ont de leur côté que frêles poulagas au service de la patrie,
colombes ressemblant plus à de gros et gras poulets mangeurs de pains au chocolat… Soit, ils ne sont pas les plus forts, mais l’important est de faire cesser cette incantation au plus vite !
Une demi-heure plus tard (miracle ?) deux colombes en uniformes bourdonnent au vantail de nos adultes post-puberta qui se lèvent avec la délicatesse de deux éléphanteaux en train de jouer
avec un baobab. Vantail déclos : « Bonjour, qu’est-ce qui s’passe ? ». Narration des incantations et des sonorités lucifériennes aux poulagas solidaires qui attestent des
nuisances sournoises et sonores puis s’envolent au premier étage de la bâtisse afin de rencontrer la « chose ». Une fumée rougeâtre émane de son vantail blindé, mais cela n’arrête point
les deux équipiers qui comment poliment par user du carillon. Après plusieurs minutes ils commencent à frapper des phalanges sur le bois peint du battant ; puis vient le poing qui s’écrase
sur la lourde issue, sans effet aucun. Finalement ils donnent de grands coups de rangers en tonnant, ce qui eut plus d’effet sur les autres voisins que sur l’ancêtre malsain. Echec et mat. Ils
redescendent la mine sombre. « On ne peut rien faire tant qu’elle n’ouvre pas sa porte » Ah-ah. La jouvencelle les supplie de coller une sanction pécuniaire à la saloperie d’antique
voisine qui à cet instant précis achève toute obsécration ! « On repassera demain matin, si elle ouvre on lui dressera un procès verbal ». This is the end my friend.
Mon nouveau dicton : le pouvoir des forces de l’ordre (ordre de mes fesses oui !) s’arrête à une porte fermée !
VoS P'TiTs MoTs..!