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par hitOmi
Samedi 8 décembre 2007

J.JPGJeudi soir, la sorcière historique et cintrée revint sur le devant de la scène.

 

Depuis trois semaines le couple de candides pouvait enfin fermer les petits pois… Cette trêve ne pouvait point se poursuivre plus longuement : il fallait manigancer quelque nouvelle imprécation. Sans originalité – car la tranche de jambon accompagnée de flageolets lui avaient déclenché de telles flatulences qu’elle ne pouvait réfléchir – elle pensa à sa radio chérie, présent de son défunt mari lors de leurs épousailles (anachronisme ?). Charmant petit poste fonctionnant avec des piles et grésillant à l’ancienne, car la croulante à la face fripée comme un pruneau d’Agen ne supportait pas tout ce qui était numérique, nouveau, le son lissé. Pouah ! Quelle horreur ! Elle préférait tout ce qui lui ressemblait, tout ce qui était vieux, moche, fripé, imparfait, bourru, brut.

 

Revenons à notre vieille bique et à son dessein : la différence par rapport à l’attaque précédente fut que cette fois-ci elle ne mit pas les infos du jour et la météo nationale, mais la musique : une musique comme elle (vous comprenez déjà pourquoi). Il était à ce moment précis 23 heures. Les jouvenceaux s’étaient couchés bien tôt, l’un épuisé de sa journée de labeur dans les amphithéâtres de la fac, l’autre caduque à cause d’un mal de dos élevé : elle ne pouvait les laisser se reposer en paix.

 

Donc 23 heures, musique maestro ! Les jeunes voisins du dessous sursautent dans leur lit (si le sommier n’avait pas été cassé avant, il l’eut été à ce moment là, c’est certain). Et c’est parti pour un déménagement express dans le salon, boules kies en compagnons de nuit et appel aux argousins car la nuit promet d’être fort longue… « Ah désolé nous n’avons pas de voiture sous la main, nous ne pouvons pas venir » (discours auctorial : le commissariat est à 5 minutes à pieds de chez nous…) « Rappelez plus tard on verra ce qu’on peut faire ». J’écourterai jusqu’à 4 heures du matin où, n’y tenant plus, le couple a appelé 3 fois les barbouzes sans aucune réponse positive « Nous n’avons pas d’équipe ». Raaahhhh ! A un poil de l’éréthisme, le couple d’éphèbes fiévreux décida de passer à l’attaque : peu importe tout ce qui pourrait se passer à ce moment là, leur mission était de faire cesser cette radio une fois pour toutes, au péril même de leur frêle existence. Que firent-ils donc ? L’un alla au sas d’entrée et appuya en continu sur la sonnette stridente de l’interphone : strrrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! L’autre monta au premier étage et sonna en continu au vantail de l’ancêtre fêlé : dingdongdingdiongdingdong ! Après 5 longues minutes le jeune blond monta pour accompagner sa mie dans un concert de coups de tatanes dans le battant de l’antre de l’alcine dérangée… Hourra !!! La radio avait cessé ! Ils se recouchèrent paisiblement, mais la fatigue trop aiguë les retint dans la couche jusqu’à… 9 heures du matin : l’endurcie psychopathe phobique et paranoïaque donnant de grands coups au dessus de leur chambre pour les sortir de leurs douces rêveries.

 

Allongés dans leur alcôve, à deux poils de nez de l’ultime tempête, ils songeaient. Boum ! Elle claque sa porte au dessus : ni une, ni deux, ils enfilent slip et t-shirt en courant comme des dératés jusqu’au hall d’entrée. La demoiselle ouvre le vantail du logis et tombe nez court à nez crochu avec l’ancêtre hargneux : « Vous ! » dit-elle. « Vous ! » répondit le fossile vétuste ; une dispute commença et la vieillerie poussiéreuse eut des propos si incohérents que les jouvenceaux se demandaient ce qu’ils faisaient là ; néanmoins, ils tenaient à parlementer avec la croulante périmée afin d’éclaircir le pourquoi de la haine sans borne qui dictait tous ses actes nocturnes. Elle refusait tout conciliabule et fonçait tête baissée vers la porte pour sortir son sac poubelle ; pour l’obliger à écouter, la demoiselle tint la porte fermée. Qu’à cela ne tienne ! La vieillerie siphonnée lui asséna 4 coups de poing sur le poignet, qu’elle ne put laisser plus longtemps sur la poignée de porte. Après avoir sorti ses poubelles et être restée 2 longues minutes « enfermée dehors » à cause du damoiseau qui tenait le vantail clos, elle remonta, asséna trois coups de poing à celui-ci en hurlant « Au secours ! » et en menaçant le couple : « Je vais porter plainte pour violence sur personne vulnérable ! » alors même que le couple d’éphèbes ne l’avait pas touchée !

 

Alors qu’ils étaient parés pour aller porter la réclamation au bloc des policemen, le couple entendit carillonner la sonnette de leur logis : les gardiens de la paix de l’Etat en personne ! « Votre voisine vient de porter plainte pour violence sur personne vulnérable ». Après avoir ouï le récit de leurs aventures de voisinage, la femme-agente leur répondit « Mais vous savez, après l’avoir entendue parler 10 minutes, j’ai vu qu’elle avait un souci cette dame ». Bref.

 

Le couple pas très frais fila au bloc pour déposer ce que l’on appelle dans l’argot judiciaire « une main courante » (assez rigolo comme nom au passage) dans laquelle il firent écrire un véritable roman à un argousin dont le discours était fort encourageant : « Pour être tranquilles, vous devriez déménager » (Sur cette phrase, je vous laisse quelques secondes de réflexion…)

 

 

 

La suite de ce conte ? A venir, pour très vite. La vioque timbrée et névrosée a ce matin préféré réveiller la cible de sa haine à l’aide d’une casserole et d’une spatule en bois, à 8 heures du matin. Et demain, ça sera quoi ?

publié dans : CoNtE PouR uNe Fée
commentaires (3)    ajouter un commentaire
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Commentaires

La prochaine fois qu'elle descend ses poubelles, arrange-toi pour l'enfermer dans le local...    :-D
commentaire n° : 1 posté par : Lu (site web) le: 08/12/2007 11:27:51
Excellente idée !
réponse de : hitOmi (site web) le: 08/12/2007 12:02:11
Terrible ce nouveau tome de tes aventures trépidantes ! Je compatis parce que j'aimerais vraiment pas être à ta place... Et puis comme d'habitude, je savoure chaque ligne. Les "argousins" mouhahahaha !!!
commentaire n° : 2 posté par : Elodie le: 08/12/2007 12:38:17
J'adoooore ce mot : "argousins" ! :p
Aaaah la richesse de la langue française !
réponse de : hitOmi (site web) le: 09/12/2007 15:37:25

Woo c'est dingue quand même, faudrait la parquer ! lui faire passer un entretien médical et hop direct case "maison des fous" plus sérieusement elle arrive à avoir des momnets de "lucidité" et pile au moment où il faut en avoir... hum comme de par hazarre ! Sinon je te félicite pour cette merveilleuse phrase : "la croulante à la face fripée comme un pruneau d'Agen" j'adoreuh :-)

commentaire n° : 3 posté par : Elise le: 08/12/2007 12:46:00
Oui la parquer... oui, la parquer. La parquer la parquer la parquer ! La parquer !!!
réponse de : hitOmi (site web) le: 09/12/2007 18:42:07

MuSiK MaEsTrO !

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